La Valeur des Choses
En lisant Braiding Sweetgrass, un passage sur les fraises des bois m’a interpelée. L’autrice explique que la valeur d’une chose dépend de la manière dont elle arrive jusqu’à nous.
Ça m’a immédiatement rappelé la Norvège.
Nous avons passé des heures à pêcher du poisson, ramasser des chanterelles ou cueillir des myrtilles. Nous ne faisions pas cela parce que c’était meilleur ou moins cher. Nous aurions pu trouver l’équivalent au supermarché du coin à moindre effort, au chaud et sans moustiques. Non, c’était autre chose. Une forme d’implication, ou de coût réel : le froid, l’humidité, les moustiques, les mains gelées, et cette étape “tuer, vider, lever les filets” que nous n’avions pas vraiment envie de reproduire chaque matin..
Résultat, nous ne gaspillions rien. Avant de remettre du poisson au menu, nous nous demandions toujours si nous avions l’énergie et l’envie de répéter tout le processus.
Aujourd’hui, tout est tellement simple qu’on ne se pose plus la question. On attrape une barquette sous cellophane et c’est réglé. On ne voit plus le bœuf derrière le steak ou l’effort derrière l’aliment. Du coup, on achète trop. Et si ça finit à la poubelle… eh bien, tant pis, cela arrive.
Parfois je me dis que si nous devions tuer un agneau à chaque fois que nous préparons un gigot, nous aurions peut-être soudain très envie de manger des pâtes.